LES GRANDES ENTREVUES: VON MILLER

Il y a des opportunités dans la vie qu’il ne faut pas rater sous aucun prétexte. Une entrevue avec le joueur par excellence du dernier Super Bowl est une de celles-là. Comment est-ce que c’est arrivé? C’est une bonne question ami-lecteur. La réponse est relativement simple. Tellement simple que c’est dur à croire.

Dans la foulée des semaines qui ont précédé le Super Bowl 50, j’ai envoyé un courriel au département de promotion de la NFL leur indiquant que je chroniquais sur la grande ligue et que je cherchais en quelque sorte à obtenir un genre d’endossement de leur part. Je ne me cacherais pas, mon objectif était d’avoir une sorte de crédibilité officielle.

Bref, la ligue a répondu 20 minutes plus tard. Ouais, 20 minutes! Non seulement la NFL faisait de votre (pas très) humble serviteur un de ses chroniqueurs officiels francophones, elle m’offrait un voyage pour 2, toutes dépenses payées, à L.A. pour visiter leurs studios et la possibilité d’interviewer un joueur.

Si tu n’y crois pas, imagine-moi.

Bref, c’est comme ça que je me suis retrouvé avec Philozique dans un avion direction L.A. au début du mois de mars pour rencontrer nul autre que Von Miller. Comme je n’étais pas le seul «chroniqueur» à le rencontrer, j’avais droit à 5 questions.

5 questions ami-lecteur, c’est pas beaucoup. Donc, autant s’arranger pour qu’elles soient bonnes.

Pourquoi Philozique? J’aurais bien amené Roos, mais il était parti à Végas et il est un peu dépressif dernièrement. Honnêtement, je n’ai pas besoin de ça au plus grand moment de ma courte carrière de chroniqueur.

58 minutes avant de toucher le sol

Comme nous avions environ 4 heures entre l’atterrissage et notre rencontre avec Von Miller, Philozique a fortement insisté pour que nous arrêtions en chemin à la micro-brasserie «Three Weavers Brewery Company». Un peu réticent au départ, j’ai fini par accepter, car l’endroit en question se trouve à mi-chemin entre l’aéroport et les studios de la NFL.

J’ai aussi accepté parce que j’ai pu profiter du vol pour écrire 5 questions qui me satisfaisaient.

Les voici :

1- Avec un SB et un  titre de joueur par excellence, on doit se sentir le roi du monde. Comment revient-on sur terre se motiver pour la prochaine saison?

2- Il y aura sûrement plusieurs départs avant que la saison 2016 commence. Jusqu’à quel point cela affectera-t-il les stratégies de l’équipe, particulièrement en défensive?

3- Dans le même ordre d’idées, penses-tu que ton rôle est appelé à changer étant donné tes récents succès?

4- Lorsqu’on regarde un match à la télévision, on entend parfois les analystes affirmer que c’est un sack de la tertiaire ou une interception de la ligne défensive. On comprend alors qu’il existe une relation étroite entre ces deux unités. Peux-tu m’expliquer comment est-ce que tu perçois cette relation et comment elle influence ton jeu?

5- Voici une question qui peut paraître étrange, mais je dois tout de même la poser. J’écris pour «Spektophiles.com». Le concept tourne autour de voir le monde à travers nos lunettes. C’est une des raisons qui fait que je suis doublement content de t’interviewer aujourd’hui. De quelle façon est-ce que porter des lunettes affecte ou modifie ta perception et change ton approche du jeu?

Je ne sais pas pour toi ami-lecteur, mais moi je ne pouvais me sentir plus prêt pour cette entrevue qui allait changer ma vie.

Quelques minutes après être sortis de LAX

Après une ride de taxi à 30 piastres US (c’est la NFL qui paie), nous voici donc arrivés à la «Three Weavers Brewery Company». Splendide endroit, un peu rustique, mais la porte de garage du devant s’ouvre sur la terrasse et par une  belle journée ensoleillée, l’ambiance y est très agréable.

J’avais soif et avec Philozique comme conseiller, j’ai commencé par la «Deep Roots ESB» qu’il a décrit comme ça :

«Elle est très sèche et serait probablement plus appréciée en Angleterre qu’en Amérique. D’un bronze pâle typique, elle respecte le genre tout en innovant très peu. Pas mauvaise, pas bandante, elle fait la job sans plus. Je lui donne 6/10.»

On peut dire bien des choses sur mon pote Philozique et l’une d’elle est qu’il connait sa bière. Il me fait penser à moi quand je parle de football.

Comme 6 sur 10 n’est pas une très bonne note et qu’il nous restait encore au moins 3 heures à tuer, nous nous sommes commandés chacun un verre de la «Stateside Session IPA».

«Elle est mieux réussie que l’autre. Une session bien houblonnée, elle envoie autant de l’agrume que du floral en pleine gueule. Elle ne réinvente pas le genre, mais elle est nettement en haut de la moyenne. C’est du bonbon à 4,5%! Je lui donne mettons 7,5/10.»

J’ai bu deux verres de celle-là et je commençais vraiment à être de bonne humeur. Je t’ai déjà dit ami-lecteur que je m’étais découvert un intérêt pour les stouts? C’est très fort, mais j’aime bien, surtout lorsque j’ai déjà commencé à boire! Philozique, droit comme un chêne, philosophait sur ce petit bijou qui a suivi l’IPA. Si je n’avais été si affecté, j’aurais pu moi aussi dire :

«Là, on parle de la Midnight Sun Berserker, une imperial stout. Une esti de bombe dans le genre! Presque 13% d’alcool (12,7%), chocolat, café, fruits confits, houblons robustes, malt grillé, whiskey, name it!!! Sirupeuse, riche et exquise; un orgasme pour les papilles! Je lui donne au moins 9/10…»

En une heure, j’en ai pris 3 pintes.

Quelques minutes avant l’entrevue avec Von Miller

Il va sans dire qu’avec la fatigue, le décalage horaire et l’alcool, j’étais incapable de faire l’entrevue avec Von Miller. On peut dire bien des choses sur mon pote Philozique et l’une d’elle est qu’il est toujours prêt à rendre service. Me voyant dans un piètre état, il a décidé de mener l’entrevue à ma place. Comme il se savait incapable de prendre des notes, il a tout enregistré. Difficile de trouver un ami plus serviable. Voici donc la transcription de cette fameuse entrevue.

– Philo : Bon bon, c’est quoi c’est questions de marde? On va y aller freestyle! Faque comme ça t’es un joueur de foot?

– Von Miller : Oui

– Philo : Cool! C’est quoi ton nom déjà?

– Von Miller : Von Miller. Tu le sais que tu as 5 questions et qu’il t’en reste juste 3?

– Philo : Hein? Es-tu une vedette?

– Von Miller : Oui, je suis assez connu.

– Philo : Tu dois être bien payé?

– Von Miller : Ça s’en vient. Dernière question?

– Philo : J’ai un bon à ami à moi qui est un vrai maniaque de foot et je suis sûr que ça va l’intéresser de savoir pour quelle équipe tu joues.

– Von Miller : Les Broncos de Denver. L’entrevue est terminée. J’ai d’autres choses à faire que de répondre à un clown qui sent la bière(…)

C’est là que l’entrevue a pris fin et ma carrière en tant que chroniqueur francophone de la NFL aussi…

On peut dire bien des choses sur mon pote Philozique et l’une d’elle est : «Tabarnack le gros! Ça te tentait pas de lire les questions que j’avais préparées?

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