ASSIS DRETTE LÀ sur le bord de m’envoler

Je suis assis drette là, au Bénélux, la micro qui finit souvent par m’accueillir quand je pars me perdre dans des promenades citadines. J’arrive du Belgo¹… le Belgo? C’est le gros immeuble un peu gêné de prendre autant de place sur Sainte Cath, coincé entre Bleury et St-Alexandre. C’est un repaire de galerie d’arts contemporains qui roule sa bosse depuis que dans les année 80 une couple de grands galeristes se sont installés dans ses locaux pas chers. Mais comme ça se reproduit ces affaires là, aujourd’hui pas loin de 25 galeries offrent en toute discrétion, malgré l’affiche qui orne désormais la devanture, un milieu dynamique pour les artistes visuels.

 

je suis donc assis drette là, au Bénélux, et j’ai encore les yeux tout plein des couleurs de Frederique Ulman-Gagné². Des Abstractions envoûtantes qui se racontent dans un langage qui leur est propre, des scènes où les figurants invisibles ont laissé quelques traces. Les oreilles au chaud dans la nouvelle galette de Fred Fortin, je suis tranquillement hypnotisé… Y’a dans les toiles de Ulman-Gagné comme des réminiscences de cuisine… Un peu comme quand tu fais ta vaisselle pis que tu te perds dans un ailleurs rempli de motifs, de traits ballerines et de pas de danses étranges entre des couleurs qui te troublent… Quand Y’a la vaisselle qu’y’attend qu’on la ramasse pas tout de suite… Pis y’a Fred qui chante dix piastres.. Pis si au moins la reine était là pour voir ça, je lui ferai un sourire comme ça.

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Je suis encore assis drette là, au Bénélux, pis je suis tu seul. Roos qui refuse pourtant jamais une bière quelque part, même si je ne lui en avait pas parlé quand je lui ai dit que j’allais voir des œuvres d’arts, voulait rien savoir… Des fois l’art ça donne soif, mais l’assoiffé de grand frère voulait rien voir d’œuvres qui ne sont pas accompagnées de guides explicatifs. Je me serai bien rattrapé avec Phil qui suit habituellement quand tu ne lui laisses pas le choix, mais y’allait voir sa mère! Comme si une mère c’était plus important qu’une invitation que je lui fais. Plus important que d’admirer avec sa mère en pâmoison ses bottes achetées d’un dude dans le grand dessert du Névada… Toujours à nous la ramener avec elle parce qu’elle l’aime dont ben, pis qu’elle est si gentille, pis y’a si longtemps qu’il la trouve toujours aussi belle.. qu’il veut aller danser une valse éternelle sous le cri des coyotes… Ostie Fred tu m’égares…

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J’étais assis drette là au Bénélux avec des couleurs dans les yeux pis les mots de Fred Fortin dans la tête qui me trainaient ailleurs malgré moi. Avec personne pour me payer la bière ce soir…  J’écoutais le chant des oiseaux, je regardais vers le ciel. Je reconnaissais le corbeau qu’y’avait l’air tu seul au bout du poteau… Devant moi qui n’a pas d’ailes mais qu’y’é pas mal sur le bord de s’envoler… Y’a pas l’air de me trouver ben beau..  J’ai pas de plumes juste un peu de poil pis juste un vieux dix piastres… la soirée sera pas longue à soir. Heureusement j’ai encore l’ensorcelant Ultramarr  qui me berce la tête ben au chaud. Merci Fred!

 

 

¹) Situé au 372 Ste-Catherine Ouest.

²) Le travail de l’artiste est exposé à la Galerie Domique Bouffard, Espace 508 du Belgo.

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