L’IMPORTANT…

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Samedi dernier, au petit resto du coin, en attendant qu’on me serve mes crêpes, je consultais mon fil d’actualités Facebook. En tant que Pro, mais surtout en tant que maniaque de Football, je porte une attention toute particulière à n’importe quoi qui pourrait toucher de près ou de loin à mon sport de prédilection. Si t’es comme moi, un autiste du ballon ovale, tu conviendras qu’il ne s’est pas passé grand-chose la semaine suivant le repêchage. Autant, j’ai trippé à regarder des analystes se les geler à Chicago en parlant d’un receveur allemand repêché en sixième ronde par les Vikings, autant je me suis retrouvé avec un petit down la semaine suivante.

Je n’est pas été le seul à ressentir le vide, les grands médias sportifs aussi faut croire. Ils en ont profité pour nous balancer un paquet d’articles et de chroniques tous plus insignifiants les uns que les autres.

Du contenant sans contenu.

Tout ça pour dire qu’en parcourant mon Facebook, j’ai aperçu cet article d’ESPN : «Amendola nous démontre encore une fois ce qu’il y a de plus important pour lui cette saison» (traduction libre). Essentiellement, On y apprenait que le receveur éloigné Danny Amendola, âgé de 30 ans, acceptait une diminution de salaire lors des deux prochaines saisons pour rester avec les Pats, une équipe gagnante.

Avant de continuer, je vais mettre quelques petites choses au clair. Je n’ai rien contre Amendola, un joueur qui a tout mon respect pour la qualité de ses efforts et de ses performances au fil des ans. Je n’en ai pas plus contre les Pats même si j’aime bien quand ils s’enfargent. Je me sers plutôt de l’article d’ESPN concernant Amendola pour introduire une réflexion qui n’est pas propre aux Pats ni à la NFL pour ce que j’en sais. Je pense que cette réflexion peut être faite par toute personne qui est payée pour accomplir une tâche.

Est-ce qu’un individu doit accepter une diminution de salaire afin de demeurer avec une entreprise qui connaît du succès?

Question de ne pas me perdre en conjonctures, je vais circonscrire ma réflexion au football de la NFL.

Quel est l’objectif du sport professionnel? Faire du cash, du blé, du pez. Beaucoup. La victoire? Les championnats? Le Super Bowl? Un moyen de plus pour générer des revenus parce qu’au cas où tu l’aurais oublié ami-lecteur, le succès génère une grande quantité de dollars.

Ça fait partie du grand jeu, de la grande illusion. C’est le contrat tacite qui existe entre nous, les fans, et les proprios. Ils mettent en scène un spectacle à l’issue imprévisible (c’est le propre du sport) et nous, on paye.

On se fait bourrer le mou sur la pureté du sport, l’esprit d’équipe, le dépassement de soi et de plein d’autres concepts qui viennent ajouter de la profondeur à notre expérience comme spectateur et ainsi la rendre encore plus significative.

Alors, on paye. On paye pour le NFL Network. On paye pour le GamePass, parce que les games de notre club sont pas diffusées souvent sur ESPN. On se paye un voyage pour aller voir notre club en banlieue de Buffalo. Voyage dans lequel on se paye un chandail officiel à 100$, des hot-dogs à 10$ et une Coors Light qui goûte la pisse à 7$ si on est chanceux.

Plus ton équipe gagne et plus les dépenses énoncées plus haut risquent de se répéter et d’augmenter. C’est correct, on l’accepte, ça fait partie de la game comme on dit.

Les proprios mettent un bon spectacle sur le terrain, je suis content, j’ouvre mon lard-feuilles.

Dans ce contexte, j’accepte que les différents acteurs qui créent la magie du spectacle soient rémunérés à leur juste valeur.

Pour moi, la roue débarque lorsqu’un joueur sacrifie son salaire pour la victoire. Ces beaux concepts énoncés plus haut sont pour nous les fans, pas pour les acteurs du spectacle (les athlètes). Dans une ligue avec un plafond salarial comme la NFL, c’est le ou les proprios qui empochent les gros sous quand une équipe est victorieuse. L’esprit d’équipe, le dépassement de soi et les histoires héroïques, c’est de la sauce pour les fans.

Oui, de la sauce parce ce que les profits restent ce qu’il y a de plus important.

Une sauce à laquelle l’athlète ne doit pas adhérer, car il n’est payé qu’en fonction d’une seule chose: ses performances individuelles.

Il est payé en fonction de la valeur ($$$) qu’il apporte à son entreprise. La fidélité dont il peut faire preuve envers ses patrons ne lui sera que très rarement rendue. Il sera utilisé jusqu’à ce qu’il ne serve plus à rien et après ce sera ciao bye le gros!

Il ne faut jamais oublier que les contrats ne sont pas garantis dans la grande ligue.

Donc, des joueurs, comme Danny Amendola, choisissent de rester avec une équipe pour gagner.

Cool story bro!

J’ai une question pour toi mon Dan : Est-ce que tes victoires vont t’aider à marcher quand tes articulations vont te faire souffrir après ta carrière?

Les joueurs de la NFL ont l’opportunité de faire des millions. Qu’ils les prennent, ils n’ont pas à être gênés, car ce sont eux qui font les sacrifices. La noblesse du sport n’existe que chez les amateurs (et encore). Chez les pros, c’est le profit qui guide les décisions des gestionnaires. Que les joueurs en fassent autant est la moindre des choses.

À chaque fois qu’un joueur (Amandola ou un autre) affirme que l’argent n’est pas un facteur pour lui et qu’il souhaite se retrouver dans une situation gagnante ou positive pour lui, les fans sont contents. Les proprios le sont aussi, mais pour des raisons bien différentes. Dans l’univers du sport professionnel, c’est l’argent qui est important.

Ne sois pas naïf, Danny.

Take the money and run.

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