4th OF JULY OU LES FEUX D’ARTIFICES IMPRÉVUS

Je sais, chers lecteurs, il vous manque un solide bout entre mes dernières missives et celle-ci. Pour l’instant, c’est mieux ainsi. Trop de négatif autour de moi pendant ces quelques jours. Le Vietnam avorté, la psy fuckée, l’agressivité retrouvée… et j’en passe. Peut-être qu’un jour je vous ferai lire mon texte savamment intitulé F**K,F**K,F**K, un autre chef-d’oeuvre littéraire de mon cru, mais un jet de vomi trop puissant pour vos yeux si chastes et fragiles. Contentez-vous de ce récit du 4th of July, c’est probablement mieux ainsi…

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J’en avais juste assez, fallait que je parte. Loin, loin de mon cirque habituel. Mes frères s’étant envolés au pays des Nguyen, mes chums étant dispersés un peu partout en Amérique du Nord, la spektomobile réclamant un peu de bitume, je pris la décision de remplir mon sac à dos (pis mon cooler) et de décrisser avec mon passeport en direction des States. Où exactement? Je ne le sais pas, mais si les autres le font, je ne vois pas ce qui m’empêcherait de visiter les contrées américaines moi aussi!

Tant qu’à partir un jour précis, le 4 juillet me semblait tout désigné. On se la jouerait américaine all the way. En quittant après le souper, je m’étais dit que je m’en tirerais pas si pire aux douanes. Ce fut le cas. À peine un quart d’heure d’attente. En prime, une jolie douanière souriante. Certes un peu masculine, mais jolie et souriante malgré tout. Exit le mythe de l’éternel douanier bête qui te terrorise avec ses questions et son air suspicieux. Judy qu’elle s’appelait. Après m’avoir demandé ce que j’allais faire aux States et pour combien de temps, mes réponses semblèrent avoir éveillé quelque chose en elle. Son shift se terminait dans pas long, elle me proposa discrètement un café-causerie au chic centre-ville de Plattsburgh. N’ayant pas vraiment d’itinéraire, j’acceptai volontiers l’offre de Judy sans trop me questionner. Après tout, j’étais un homme libre et ouvert aux suggestions!

Environ une heure plus tard, le presque coquet Starbucks nous permettait d’échanger des tonnes d’informations palpitantes entre nos gorgées de latté et de chocolat chaud. Dois-je vous spécifier que c’est moi qui buvais du café? Je ne suis pas MA Rush, ma foi! Il était clair que la fille en avait marre de sa vie routinière. Sa job de douanière l’emmerdait autant que le reste de son existence. À la fin de sa vingtaine, sans conjoint ni progéniture, elle habitait encore chez sa mère, une infirmière à la clinique du coin. Ou était-ce une secrétaire médicale? Mon anglais approximatif me joue constamment de vilains tours. Bof, on s’en balance! Tout cela pour dire que Judy enviait énormément ma situation. Ma liberté, mon attitude, ma quête du plaisir dans son plus pur état. Il ne me manquait que la moto pour être l’homme parfait à ses yeux. Peut-être devrais-je un jour la présenter à MA Rush justement? En tout cas, je n’y pensais vraiment pas à ce moment-là. La seule chose qui titillait mon esprit était de savoir où voulait en venir cette mystérieuse Américaine…

C’est dans un bar pas trop loin de là que la discussion s’enflamma sans crier gare. Il avait suffi d’effleurer le sujet de la sexualité pour que la belle laisse tomber quelques épaisseurs de sa carapace. Même si son père était un minable qu’elle n’avait plus revu depuis ses six ans et même si tous ses anciens boyfriends étaient des assholes de la pire espèce, elle possédait encore la foi en la gent masculine. Surtout grâce à sa verge bien dure qu’elle me déclara d’un seul trait avant d’engloutir sa troisième consommation tout aussi rapidement. J’en déduisis que l’homme était un mal nécessaire nullement remplaçable par une femme, si belle et merveilleuse soit-elle, pour ma douanière de plus en plus excitante. Et directe. Ses intentions brûlantes ne laissaient aucunement libre cours à l’imagination, c’était loin de me déplaire!

Après notre cinquième tournée, Judy me convainquit, avec une facilité déconcertante, que je n’étais pas en état de conduire mon véhicule et que je devais dormir dans les environs. Et comme trouver une chambre à prix respectable en ce Jour de l’Indépendance était supposément difficile, voire impossible, l’allumée et allumante douanière m’invita à dormir sous son toit. Sa mère étant partie fêter chez sa tante, je ne dérangerais personne… et pourrais partager de beaux moments d’intimité avec ma gentille hôtesse. Ce qui débuta illico dès que le taxi quitta le stationnement délabré.

Je ne vous raconterai pas les détails croustillants de notre folle soirée, mais je me permets de vous dire que les plus beaux feux d’artifices de la région eurent lieu dans cette maison. Cependant, entre chaque session orgasmique, les propos de Judy me questionnaient intérieurement. Je voyais dans son regard un mélange de personnages troubles joués par Juliette Lewis dans Natural Born Killers, Sharon Stone dans Basic Instinct, Karen Lancaume et Raphaëla Anderson dans Baise-Moi. Ça me foutait la trouille. Est-ce qu’elle avait envie de tout crisser là pour me suivre dans mon road trip? Était-elle aussi crinquée que ces personnages? Je ne pris aucune chance. Lorsqu’elle s’endormit profondément, je me rhabillai et sortis de la maison. Je marchai presque deux heures dans la nuit dense et nébuleuse. Je trouvai ma voiture devant le bar désert. Je roulai jusqu’au premier rest area sur la 87 et m’assoupis jusqu’au lever du soleil. Avais-je bien agi? Seulement Judy le sait…

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