LA VIE, LA PASSION, LE PLAT EXISTENTIEL

Aujourd’hui, permettez-moi de vous raconter un souvenir de ma jeunesse. J’étais un gosse plutôt malheureux à l’école primaire du quartier, prisonnier d’un système lent et peu motivant. La seule chose qui m’allumait vraiment dans la vie, c’était le hockey. Dans la rue, sur la patinoire ou entre mes deux oreilles; j’étais Guy Lafleur. La semaine, je m’endormais en écoutant les matchs à la radio. C’était mon père qui m’avait acheté ce petit transistor AM pour mes 5 ans, je m’en souviens encore comme si c’était hier. D’ailleurs, il s’agit de mon plus lointain souvenir…

Le samedi, c’était le jour parfait. Pas d’école, du hockey à l’aréna, Bagatelle à la télé et le match des Canadiens à La Soirée du Hockey avec mon bol de chips et mon verre de liqueur. Sti que mon père était hot dans l’temps! Remarquez qu’il en profitait probablement pour jouer aux fesses avec de charmantes dames pendant que le petit écran me captivait l’esprit…

Quand le #10 prenait le puck et rentrait dans la zone adverse sur le bord de la bande, on savait que la garnotte s’en venait. Le goaler adverse aussi, mais pourtant la rondelle trouvait le moyen de passer dans un trou pour se ramasser dans le net. Combien de fois j’ai recréé ces moves-là devant des adversaires médusés, réels ou fictifs. J’en ai scoré des buts pis maudit que j’ai rêvé de jouer pour les Habs dans ma jeunesse. Hélas, j’ai dû me contenter de jouer dans le mineur comme 99,9% du monde normal pis je suis devenu un simple fan.

J’ai été gâté par les nombreuses coupes des années ’70 (particulièrement celles de 1976 à 1979). J’ai capoté en ’86 lorsque Bob Gainey a levé le précieux trophée à la surprise générale. C’était quand même Jean Perron qui était l’entraîneur cette année-là! Et la dernière conquête de ’93 n’était pas piquée des vers avec toutes ces victoires en prolongation. Roy et LeClair étaient en feu…

Si je vous raconte tout ça, c’est juste pour partager avec vous mon amour de la game nommée hockey. C’est pas avec mes frères que je jase de ça, ils s’en foutent comme dans l’an ’40. Ils préfèrent les jeux vidéo, le jogging et la NFL. J’ai le même problème quand vient le temps de parler de heavy metal, mais ça, c’est pas le sujet du jour.

Ceci étant dit, depuis que PK a été échangé, je dois vous avouer que j’ai un peu de misère à embarquer dans le bateau du CH. Remarquez que Shea Weber n’est pas un pied de céleri et qu’il apportera beaucoup à la sainte flanelle, mais il y a quelque chose qui pue dans cette transaction. Bergevin et Therrien n’ont jamais accepté PK pour ce qu’il était. Probablement certains coéquipiers également. Rentrer dans le rang, il faut toujours rentrer dans le rang. Être comme les autres, il faut toujours être comme les autres. Ne pas déranger, surtout ne pas déranger! Si on a le malheur d’être un brin différent, un brin rebelle, un brin autre chose que ce qui est convenu… gare à soi! À l’image de notre société aseptisée. De moins en moins de gens osent y aller de leur initiative de peur de déplaire, de nuire à leur avancement, d’avoir à se battre contre plus gros que leur personne ou que leur groupe.

La transaction a beau se défendre sur le plan hockey, surtout à court terme, mais une certaine magie sportive est disparue. Le monde du sport est devenu encore plus straight que la société dans laquelle on vit. Et plus que le spectacle, c’est la victoire qui compte aux yeux des dirigeants et, incroyable constat, de la majorité de la foule. Une victoire lors d’un match plate à mourir est préférable à une défaite spectaculairement divertissante. Et ce, même si certains ont payé des centaines de dollars pour assister à la rencontre.

Les Canadiens ont bien amorcé leur saison 2016-2017. Je dois même avouer que j’ai regardé plusieurs périodes malgré ma réserve. Mais je peux vous affirmer une chose: comme l’organisation a choisi la victoire avant le spectacle, je jugerai très sévèrement Marc Bergevin et Michel Therrien si les résultats ne sont pas au rendez-vous. PK a été pointé comme l’élément perturbateur de l’équipe, au CH de prouver sa valeur maintenant!

En ce sens, je rejoins la position de ce richissime personnage nommé Charles Kowalski, qui s’est permis une page complète dans le journal The Gazette le jour du match inaugural des Habs. Même s’il possède des billets de saison, il n’ira voir qu’un match cette saison: celui contre les Predators de Nashville. Vous savez exactement pourquoi. Et là où j’applaudis ce type, c’est lorsque j’apprends qu’il donnera ses billets inutilisés à des enfants hospitalisés et à leurs parents, en plus de donner lui-même plus de 250 000$ à la fondation Le Coup de Main de PK. L’homme derrière le docteur aussi flamboyant dans son domaine que son joueur de hockey préféré a le coeur à la bonne place. Pourtant, lui aussi s’est fait varloper par plusieurs personnes indignées; surtout pas déranger, être différent, prendre de la place que je disais…

http://www.lapresse.ca/sports/hockey/201610/20/01-5032355-le-docteur-qui-etait-inspire-par-pk.php

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