LA BALEINE

IL y avait quelque chose d’étrangement fou dans l’air de Montréal samedi. Du moins Roos et moi le sentions. Attablés devant moult consommations qui n’étaient pas toutes à nous, nous étions nombreux, cette folie presque palpable nous rappelait constamment que le show Des Goules, c’était ce soir… Un show Des Goules, c’est toujours une fête. On s’était mis beau pour l’occasion, particulièrement Dubby, et on célébrait déjà la soirée avec enthousiasme .. Peut-être un peu trop même, cette soif nous a fait manquer la première partie du Show… C’est un Club soda qui avait mis ses plus beaux habits qui nous attendait et c’est une foule conquise d’avance qui piétinait impatiemment que les Goules foulent le stage… Vous n’avez pas idée de la folie qui s’immisce en vous quand vous allez voir Keith Kouna et sa bande. Ça te frise le cheveu, ça t’électrise le corps, ton cerveau fait du surf dans son jus pis tes yeux sont jamais assez grand ouverts. La fête allait bientôt commencer… On le sentait, nos orteils frémissaient d’excitation, déjà t’as les pieds qui se soulèvent du sol…

Quand je me suis envolé, c’est mon Frère pis le Stud qui m’ont donné la poussée. Juste une petite, j’étais déjà à moitié dans les airs. Un doigt chacun et hop je m’envolais. J’ai passé une partie du show comme ça, à voler au dessus de la foule et dans la foule, à chanter et à boire des paroles envoûtantes et enivrantes… C’est ça le plus gros danger avec Les Goules. Ça enivre! Je suis allé me poser devant le stage pour quelques pièces plus musclées et pour la Ville. J’ai été à la fois un crabe de poche enchanté de partager cette turlutte. J’aurais hurler comme un poussin tard tard la nuit en si vous plait. J’ai sauvé ma peau pis le crachat en criant Vendeur, Rigolo, Gigolo, Vendeur à m’en faire exploser un poumon de joie…pis tranquillement à la fin du show je me suis posé, en douceur, mais pas tout à fait… En douceur, mais pas vraiment posé… Tu files tellement léger que tu flottes encore un peu malgré toi. La vie te berce pis t’as le bonheur qui t’imprime un sourire dans face.

En sortant de cette fête ludique, on s’attarde, on jase, on prolonge le plaisir et certains nous quittent déjà. Moi, je chante encore… Mais pas juste pour moi! D’une voix claire et cristalline je chante pour le cortège de policiers qui déambule devant le café Cléopâtre. Un chant simple et bon enfant inspiré des Goules qui m’habitent encore… L’un d’eux s’arrête pour me regarder. Je suis heureux! M’encourage-t-il? Ce serait l’inverse selon Roos qui me dit de me la fermer… Mais quand tu flottes encore pis que l’enfant en toi sent un encouragement, c’est dur de se taire malgré le conseil fraternel. La note s’est brisée quand le sol s’est mis à trembler. Ça marche fort ces grosses bêtes-là quand c’est en joualvert! Ses bottes martelaient violemment la chaussée dans sa marche fumante vert moi. Sa meute le suivait en formation… Ça sort pas tu seul non plus faut croire… Vos papiers! VOS PAPIERS! J’étais une baleine sans voix. le chant s’éteignait, je flottais un peu moins haut mais je nageais en cétacé. VOS PAPIERS!! Mais une baleine ça na parle pas, ça chante en lâchant des chants d’océans et je voyais ben qu’il n’aurait pas voulu, je me suis donc tu! Fini chanson – Et plonger au plus vite… Dans le fond de l’eau.

Quand tu touches le fond de l’océan c’est frette pis raide comme un hood de char de police. Ça t’entrave pis ça te force à plier les bras pis un peu l’échine… Pour te mettre dans une boîte. Un citoyen, ça rentre dans une boite! Si t’en sors, fait ça discrètement sinon cache-toi avant que les coches te… Ils m’ont pogné. J’étais une baleine entravée qui voudrait ben essayer malgré sa nature de parler, mais le dialogue est difficile entre un loup et un cétacé quand l’un est assis en avant dans toute sa vérité pis que toi t’es dans la p’tite boîte arrière, un peu croche pour pas te tordre davantage les nageoires pis que t’as juste le goût de t’envoler à nouveau.

Tu jases pareil, mais dans ta tête tu chantes La Baleine un sourire indélébile dans face.

La baleine
Un aimant nord au corps
Chante
Éplore
Dans ciel
Jets
Se rit des orques forts
Et dans la brume
Et dans l’écume
Elle danse
Et tue les vagues
De baisers
De jeux d’aqua-d’ailes
Des plus beaux sauts de l’onde
Laissant des mines de récifs d’or
Derrière les fouets sourds de son corps
Sels empoudrés
Algues bercées
Sur marée
Plumes de baie
Mais soudain flots
S’arment de bateaux
V’là la milice
Baleine en fuite
Gare aux harpons
Fini chanson
Et plonger au plus vite
Dans le fond de l’eau

(Baleine 2005- Memories)

*Au delà des paroles de Baleine en italique, j’ai pris la liberté d’inclure dans mon texte des paroles de pièces qui ont traversé les époques et le show. Merci Les Goules!

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