HOLY DIVER

Merde, par où commencer au juste? Trop de moments et de rebondissements, une spirale sans fin qui nous a engloutis jusqu’au début de la nuit…

Tu connais mon frère Rio? L’homme aux multiples excès, c’est bien lui. Et hier, mon bro débordait de joie. Trop de bonnes nouvelles dans sa vie. Pas habitué à ça. Il voulait fêter. À l’infini. Aussi spectaculaire qu’une étoile filante.

Quoi de mieux qu’une soirée entre boys pour faire sauter une marmite! Surtout si la soirée débute avec tonus avant 16h00. Au Benelux, là où règne la bonne humeur liquide. Notre tanière stratégique avant d’amorcer un crochet au centre-ville. Bonne place, bon prix, bon service; Moores serait jaloux s’il mettait les pieds ici!

Rio était déjà là avec Phil, en train de refaire le monde autour d’une première consommation. Une troisième en fait, je l’ai su plus tard. Mes frères semblaient joyeux, décontractés, vifs de la mâchoire. Spit m’accompagnait. Notre sourire a gonflé lorsque notre serveuse préférée est apparue. La meilleure, la plus fine, la plus sympathique, on l’aime tellement. On n’ose même pas lui demander son nom, de peur de tomber en amour. Mais on se permet de lui poser des questions sur le band de son chum, parce que c’est un de nos groupes chéris. Un beau couple qu’on vous dit, difficile d’imaginer mieux…

Tu as déjà vécu ce genre de soirée où un ami apparaît à la table à chaque quart d’heure? L’effet produit est dément. Une dose d’excitation indescriptible. L’énergie qui transperce le corps au moment de la poignée de mains ou de l’accolade. Cette franche camaraderie qui crée un bouclier euphorique, une force contagieuse qui augmente au gré du temps et des arrivées. Il y a eu Le Stud, puis Pousty et Dubby. Couleuvre, Karisma, MA Rush et les autres ont suivi. Au plus fort de la soirée, nous étions 14 si j’ai bien compté. Peut-être 15 car ça bougeait sans cesse. Dans ma tête aussi. Mais jamais autant que dans celle de Rio.

Je t’évite moult détails de la soirée, question de ne point tomber dans la redondance. Tu peux facilement imaginer la valse des verres, des pintes et des shooters qui a déferlé pendant environ 4 heures ainsi que les gestes et propos qui l’accompagnaient. Plus le temps filait, moins la cohérence nous habitait. Cela ne nous a point empêchés de payer nos factures et de nous diriger vers la station de métro Place-Des-Arts afin de poursuivre notre périple. Notre tournoi de quilles annuel nous attendait. Pour cela, il fallait nous rendre au métro Atwater…

Si le départ du Benelux avait été difficile, gracieuseté Rio à l’endroit d’un client qui aurait préféré demeurer au sec, et la marche sur Jeanne-Mance un peu ardue, avec cette pente sympathique et la neige qui rendait la surface plus glissante, nous n’étions pas au bout de nos peines. Alors que la première moitié du groupe avait franchi les tourniquets, les retardataires arrivaient à la bouche de métro. Prenant les devants, je descendais l’imposant escalier en croyant que la troupe me suivait. J’avais tort. Le groupuscule avait décidé de faire autrement. Dieu et Spitty glissaient en duo sur la rampe alors que Dubby et Le Stud avaient choisi de courir dans l’escalier mobile, à contresens évidemment. Mais où était Rio? Je l’avais quitté des yeux quelques secondes seulement. Quelques secondes de trop. C’est en tournant la tête vers ma gauche que je l’ai soudainement aperçu. Et que j’ai compris que jamais nous ne nous rendrions au tournoi tant attendu. Mon frère volait en plein milieu de l’escalier mobile, sans doute avait-il cru que c’était une bonne idée de suivre les deux athlètes dans leur folie. Malheureusement, ses capacités ne lui permettaient guère d’espérer une coordination suffisante pour arriver à ses fins. Après un certain nombre de marches – c’est d’ailleurs un miracle qu’il se soit rendu si loin – le plongeon était inévitable. Et quel plongeon, cher lecteur! Dans sa tête, Rio devait penser qu’il stage-divait. Aucune panique, les yeux fermés, les bras mous et la langue sortie, mon frère flottait comme un avion de papier parfaitement lancé. La sérénité du moment était impressionnante, pas l’atterrissage par contre. Sans jamais tenter de se protéger, le corps de Rio a touché le sol mouvant à environ 45 degrés, en presque parfait parallélisme avec l’escalier. Un moment de grâce malgré les morsures des marches au front, au crâne et le long des côtes. Hier soir, je peux clairement affirmer que Dio n’est plus le seul à avoir vu le Holy Diver, j’ai bel et bien vu un miracle dans l’escalier mobile du métro Place-Des-Arts et le plongeur élu était mon frère Rio…

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