VOYAGE MONTRÉALAIS

Le plan de départ avait changé deux fois. Commencer une virée avec du vin d’orge au Cheval Blanc n’est pas la plus sage des décisions, raison pour laquelle Rio et moi avions convenu que le Benelux serait l’endroit parfait pour nous créer un petit fond. MA Rush approuvait la décision, lui qui s’inquiète toujours à propos de la santé de mon frère. « Il est trop fragile pour boire autant, c’est une forme d’auto-destruction qu’il pratique! » dit-il à chaque fois qu’il voit mon frangin engloutir les pintes.

À peine arrivé de Toronto, Rio m’a demandé si j’avais goûté à la Sainte Flanelle pendant son absence, comme s’il avait quitté le Québec depuis des mois. Les vingt-quatre heures en Ontario ont dû être intenses pas à peu près, mais j’aime mieux ne pas savoir…

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Afin de déguster cette fameuse Sainte Flanelle, c’est le Dieu du Ciel qui est devenu le point de rencontre. On ira au Benelux plus tard. Le temps de stationner la Spektomobile sur Jeanne-Mance, un peu au nord de Fairmount, et de marcher vers le temple, Rio et Spitty avaient déjà une pinte derrière la cravate. Réflexion à moi-même: Spitty boit crissement plus vite qu’il ne marche!

Quand MA Rush est apparu, Rio dégustait sa troisième consommation. Sa quatrième pour souligner l’arrivée de Dubby, sa cinquième pour apaiser sa joie de voir Pousty. Heureusement que les autres gars ne pouvaient venir ce soir. Le Stud? Non, on ne le voit presque plus. Il broie du noir. Pas comme Rio à Toronto… Son pool va mal et sa saison de hockey est terminée, le type est en dépression. Je lui ai donné les coordonnées de ma psy, peut-être que ça l’aidera éventuellement.

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Notre visite au Benelux n’a jamais eu lieu. Les doux élixirs du DDC ont eu raison de nous. Le temps a filé et les pintes ont valsé. MA Rush nous a ramenés à l’ordre: « Il faut partir les boys, on risque de rater la première partie! » Sans conviction, les verres se sont vidés, les factures ont été payées et aux Foufs nous étions assis en partageant deux pichets de Boréale IPA. Pousty et Dubby, les deux derniers à nous rejoindre, avaient joué au taxi pour accélérer le processus. Et Dolly était apparue comme par magie sans que je ne m’en rende compte. Croyez-moi, les pichets, eux, s’en rendaient justement compte! Elle les vidait aussi rapidement que Teagan Presley dans Bukkake in Kansas, ce qui amusait follement Spitty de fort belle humeur pour une rare fois.

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Les trois bands qui avaient pour mandat de réchauffer la salle ont sobrement accompli leur boulot. Les nombreux pichets de Boréale IPA ont fait le reste. Nous étions prêts pour le show de Anvil. Et c’est avec style que Lips a mis le feu dans la place: en plein milieu de la foule pour jouer le morceau instrumental March of the Crabs! La suite? Comme dirait Jessy Pompier, c’t’un paquet de choses! De belles choses, de comiques choses, de choses inexplicables, de choses qui échappent à la majorité et qui m’échappent aussi des fois selon mon état.

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J’ai vu et entendu le trio nous jouer plusieurs tubes du passé, quelques titres récents également, mais surtout, oui surtout, ce Mothra merveilleusement disgracieux avec son long solo vibrato-électrique. Lips en mets toujours plus que le client demande. Ça jute de partout, sans ajout de lubrifiant. La foule est accrochée, Rio est mal intentionné. Reste à voir comment ça va se concrétiser dans sa tête.

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Le spectacle s’est poursuivi dans un élan de folie et de bonheur. Spitty, Rio et Dolly se sont évaporés je ne sais où, MA Rush cherche à séduire une photographe, Dubby compte 1-2-3-4 et brandit le poing sans tenir compte de la chanson en cours alors que Pousty frappe tout ce qui bouge autour de lui au milieu du pit. Du plaisir tout simple comme dirait Karisma.

Puis après le show, en marchant vers la voiture de Pousty, le cabdriver de la soirée, je reconnais la carcasse endormie de Rio, étendue à trois pieds à peine du trottoir dans le parc Toussaint-Louverture. À quelques pouces de lui repose celle de Dolly, face contre sol. Et entre les deux suinte le trophée de la soirée, le dildo de Lips…

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