WET DREAM

La ville défile lentement sous mes pieds. Aucune voiture n’apparaît, que de rares piétons déambulent sens contraire à moi. Où vais-je? Je ne sais pas. Tout droit, toujours tout droit. La rue ressemble à la St-Denis, parfois à la St-Laurent. Je croise des boutiques, des restaurants, des clubs… et des gens qui se dirigent tous vers le sud. Je monte seul vers le nord, d’ailleurs la température se refroidit au fur et à mesure que j’avance. Au départ, je portais un t-shirt et un bermuda; maintenant, un jeans et hoodie recouvrent mon corps.

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Je poursuis mon trajet, café à la main. Comment est-il apparu? Suis-je arrêté pour l’acheter? Je m’en fous, il me réchauffe, me réconforte avec ce froid qui me transperce. S’agit-il d’une ellipse ou simplement d’un détail normal dans cet univers onirique? Bof, à quoi bon réfléchir, je dois continuer à marcher, tel est mon destin, malgré la neige qui se fait insistante et cette tuque trop petite pour mon crâne enflé. Sommes-nous bien en mai? Je ne sais plus. Mais au nord de l’autoroute suspendue, le blizzard règne…

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Les voitures, les boutiques et les piétons ont quitté le décor. Que du vent et des flocons plein le visage. Mon front s’est transformé en bloc de glace. Au travers le mur blanc et mes lunettes embrouillées, je ne devine que le trottoir foulé par mes pieds. Où dois-je me rendre? Aucun indice à part tout droit vers le nord. Mais j’en déduis que je n’arriverai point à destination. Le rythme a trop ralenti, chaque pas est terriblement lourd. Je souffre.

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Je me relève non sans peine de ma troisième chute. Cette fois-ci, ma tête a durement cogné contre le sol. J’ai perdu conscience, longtemps. Je suis complètement détrempé. Je retire mes vêtement avec difficulté. La pluie a remplacé la neige. Une chaleur intense frappe maintenant ma peau. Je confirme que le blizzard est chose du passé lorsque mes yeux aperçoivent cette boule de feu à l’horizon. Seul un rideau bleuté se dresse entre elle et moi. Et quand mon cerveau termine ses additions et me crache le fruit de sa réflexion, il est inutile de chercher une solution; l’immense vague me frappera d’ici quelques secondes et me ramènera une fois de plus à mon éternel point de départ…

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