LA PAUVRE JALOUSIE DES HOMMES

Le jugement rapide, peut-être le plus grand fléau de notre époque. À l’ère des médias sociaux et de l’information (terme galvaudé) instantanée, l’humain s’emballe rapidement. Et hop mon commentaire distribué à tout vent! Peu importe s’il était bien réfléchi, je l’envoie dans l’éternité en ne sachant trop si j’en assumerai sa portée. Pire, parfois je le défendrai juste par principe de le défendre, même si je me rends compte qu’il n’était pas à point…

Je m’éloigne un brin, veuillez me pardonner. Pourquoi donc cette réflexion ce matin? Eh bien, tout cela a commencé à germer dans mon esprit hier soir alors que je roulais paisiblement sur la Métropolitaine. Qui dit voiture dit également radio. Un animateur et son invité se colletaient à propos de certains commentaires de Bernard Tomic. Vous ne savez pas qui est Bernard Tomic, n’est-ce pas? Je ne le connaissais pas avant cette émission non plus. Il s’agit d’un joueur de tennis australien âgé de 24 ans. Même s’il n’a jamais remporté un tournoi important, le type a gagné suffisamment de victoires ces dernières années pour s’enrichir de quelques millions. Mais on s’en fout de tout cela, là n’est pas mon point du jour. L’affaire est que que Tomic a affirmé haut et fort qu’il déconseillait fortement aux jeunes de se lancer dans une carrière professionnelle au tennis. Une véritable corvée d’après lui. Les jeunes devraient penser à faire des choses qu’ils aiment et apprécient plutôt que d’entrer dans un long et pénible processus pour plaire aux autres. Voyez-vous, le père du type a pris beaucoup de place dans la vie de Tomic, un joyeux personnage qu’on vous dit. Un homme qui a déjà sacré une volée à un partenaire d’entraînement de son fils…

Je m’égare encore. Voilà qu’après les déclarations de Tomic (un drôle de moineau lui aussi, on en convient), une grande partie des amateurs de tennis, des connaisseurs de ce sport ou des gens qui aiment commenter ici et là sur différentes tribunes déblatèrent contre lui. Une vermine, un enfant gâté, un ingrat, un débile léger, un voyou, une mauvaise personne… En gros, le gars est jugé au même titre qu’un tricheur, un dopé, un agresseur ou un criminel dans la sphère sportive. On réclame des sanctions contre lui, des amendes, des suspensions, du boycottage. C’est un sale, il doit se satisfaire de ses privilèges, il n’a pas le droit de s’exprimer ainsi!!!

Mais si on met de côté sa richesse deux secondes pour vous aider à réfléchir objectivement, se peut-il qu’il n’ait pas si tort que ça? Et est-ce possible que vous chialez également contre votre job vous aussi? Pestez-vous parfois quand vous devez exécuter une tâche qui vous déplaît? Vous a-t-on déjà imposé quelque chose contre votre gré?

Si vous avez répondu oui à l’une ou à plusieurs de ces questions, méritez-vous une sanction? Changez-vous de job à chaque fois que quelque chose vous écoeure? Accepteriez-vous de perdre ce que vous avez comme niveau de vie pour autant? Toutes des questions qui me ramènent à la même case: l’humain envie la richesse et la situation d’un type comme Tomic, on lui enlève donc son droit de s’exprimer comme nous. Il a de quoi de plus, alors on équilibre le tout en lui retirant quelque chose! Et on n’écoute pas son plausible message, celui d’un possible enfant enfermé dans le corps d’un jeune adulte, un enfant qui a souffert et qui souffre sans doute encore. Un potentiel signal d’alarme. Pas nécessairement pour lui, peut-être juste pour les autres enfants qu’on envoie dans d’affreuses machines à saucisses pour tenter d’en faire quelque chose qu’ils n’ont pas choisi…

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