SI FRAGILE (1)

Le Stud nous avait gracieusement prêté son chalet le temps d’une fin de semaine familiale. Phil y tenait beaucoup, il avait travaillé très fort pour le convaincre de nous laisser les clés. Je ne sais toujours pas ce qu’il a dû négocier pour y arriver. L’idée de Phil était la suivante: il fallait souder nos liens fraternels avant la fin d’un été éparpillé. Mon jeune frère ne nous a pas souvent vus, Rio et moi, dernièrement. Il en a énormément souffert. Et quand sa console a rendu l’âme, il est tombé en profonde léthargie physique et intellectuelle. Rio visitait des contrées latines alors que je parcourais les méandres de ma propre existence, Phil se sentait donc bien seul…

Rio avait accepté l’idée d’un week-end thérapeutique à la condition d’être accompagné par Dolly. Je me suis permis d’inviter Blondie pour ajouter un peu de piquant à l’histoire. Phil, lui, a invité sa mère. C’était un peu étrange mais ça fait partie de sa complexité.

Le Stud avait pris soin de verrouiller quelques pièces de son chalet. N’y étant jamais allé auparavant, je n’avais aucune idée de ce qui se retrouve derrières ces portes fermées. Dolly et Bonnie émettaient cependant de bien drôles d’hypothèses. D’après elles, il était évident qu’un donjon sexuel se cachait quelque part. La réputation du personnage l’obligeait. Malheureusement, elles n’auraient point la chance de s’y trémousser…

Le partage des chambres n’avait pas posé problème. Dolly avait choisi celle avec le plus grand lit, Phil désirait celle près de la salle de bain (pour sa mère avait-il prétendu) et Blondie se foutait éperdument de ce genre de détail. Elle avait juste hâte de s’amuser lorsque les gens iraient se coucher.

La première des deux soirées s’est avérée plutôt tranquille, cas classique après une semaine de travail, le transport et les bagages. Par bagages, j’entends surtout plusieurs caisses de produits alcoolisés. De la bière, du vin, du fort; pas question de repartir du chalet avec plusieurs de ces bouteilles! Pendant que la mère de Phil préparait le souper (on savait que ça ne serait pas un délice mais la madame était contente), on buvait allègrement tout ce qui se présentait dans notre verre. Peu importe qui se levait, peu importe la raison, il devait revenir avec de nouvelles consommations. Il y en a tellement eu ce soir-là que je ne me souviens même plus avoir mangé! Et nos chambres n’ont absolument servi à rien puisque nous nous sommes tous endormis au salon, à l’exception de la maman à Phil bien entendu. Il faisait clair quand je suis allé pisser au milieu de ma nuit. Le dîner était servi quand je me suis réveillé pour de bon. Je me demande encore si ce repas était celui prévu pour le souper de la veille…

Malgré les nombreux maux de tête, la bonne humeur flottait autour de la table et le breakfast stout rentrait au poste. Pas mal meilleur que le café instantané de la mère à Phil. Les femmes discutaient de la température et de la beauté des lieux alors que nous, les trois frères, demeurions silencieux. C’est ainsi qu’il avait été décidé qu’on irait se promener dans la nature pour digérer nos abus de la veille. Phil semblait heureux de la tournure des événements; n’était-ce pas ça le but de l’opération après tout?

(à suivre)

À LIRE

SI FRAGILE (2) – PHIL ET SA MÈRE

SI FRAGILE (3) – LE BOISÉ

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