SI FRAGILE (2) – PHIL ET SA MÈRE

– L’amour d’une mère efface bien des pleurs. (Louis-Auguste Martin)

Je suis persuadé que tu te poses beaucoup de questions à propos de Phil et de sa mère; je me trompe? Ne réponds même pas, c’est évident que tu brûles d’envie d’en savoir davantage. Vois-tu, tu n’es pas seul dans cette situation. Même Rio et moi ne saisissons pas trop les subtilités de ces deux personnages et de la relation qui les unit. On les accepte tels qu’ils sont la plupart du temps, mais quand ça se corse un peu dans nos esprits, on préfère prendre nos distances.

Réglons un point tout de suite, on ne connaît pas son nom. On l’a sûrement déjà entendu, mais notre père s’est possiblement arrangé pour qu’on l’oublie aussi vite qu’il est entré dans nos tunnels auditifs. La règle à la maison était fort simple: on devait l’appeler maman. Une autre appellation attirait immanquablement une salve de claques; croyez-moi, Rio en a mangé des centaines avant de comprendre. Par contre, entre nous, on la surnommait la mère à Phil ou la mère de Phil selon notre humeur du moment. Fallait juste pas que le paternel nous entende…

Objectivement, la mère de Phil fait de son mieux avec les outils que la vie lui a donnés. Cette femme donnerait tout ce qu’elle a pour son fils, comme elle donnait tout ce qu’elle avait pour notre père. Elle l’aime tellement son Philou que ça en devient gênant. Rio dirait plutôt malaisant même si le mot n’existe pas et il aurait bien raison dans le fond. Il n’aime pas beaucoup la mère à Phil parce qu’il la trouve trop molle, peu cultivée, intellectuellement limitée et, surtout, injuste. Son jugement me semble dur, probablement teinté par l’absence de sa propre mère. Le pauvre ne l’a pratiquement jamais connue celle-là. Et au lieu de s’en prendre au bonhomme pour ses choix personnels, il a laissé son énergie négative se diriger contre celle qui s’est pourtant passablement bien occupée de lui.

Alors quand la mère de Phil cuisine un macaroni au fromage pour son fils, replace son col de chemise ou lui donne un bisou sur la bouche en lui disant « que je t’aime mon grand Philou« , une sensation de vertige s’empare de Rio. Le sang lui monte au cerveau et une violence incontrôlable lui déchire le cœur. Encore aujourd’hui, même si l’intensité est moindre. Cependant, il ne s’en prend que très rarement à Phil lorsque son mercure monte trop haut, il préfère se réfugier dans la boisson et le sexe torride pour déplacer ses noirs desseins, afin ainsi de continuer son tortueux chemin.

Répondons maintenant à la question ultime qui alimente ton esprit mal tourné: NON, Phil et sa mère ne partagent pas le même lit dans la chambre #2 du chalet du Stud (ni chez eux également). De toute façon, comme tu le sais déjà, Phil a dormi au salon lors de la première nuit, trop saoul qu’il était, comme les autres convives d’ailleurs.  Seule sa maman s’est réfugiée dans sa pièce fermée, elle qui ne boit pratiquement jamais, du moins en public. Mais je soupçonne sa mère d’en avoir été un peu triste, car au lever, en revenant de la salle de bain, j’ai remarqué que les deux lits simples avaient été rapprochés, à moins que ma mémoire ne soit défaillante et que ceux-ci étaient dans cette position avant notre arrivée. Faudrait que je pose la question au Stud prochainement…

(à suivre)

À LIRE

SUITE – SI FRAGILE 3

SI FRAGILE (1)

SOUVENIR D’AMOS

 

 

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