LE CHEVAL ET LE LION

Toujours spécial un vendredi soir. Un désir de lâcher prise naît aussitôt la semaine de travail terminée. Commencer par l’apaisement de la soif est une foutue bonne idée; un gosier sec attirant inévitablement la tristesse. Le Cheval Blanc devenait donc un must pour starter le tout correctement. Une Tête-Cheval, une Résinette et un Napoléon Monte en Ballon plus tard, une petite fringale s’est invitée au party; c’est alors que mon frère Rio a proposé la Station Ho.st  avec beaucoup de justesse. MA Rush, Karisma (aka Yvon) et Spitty trouvaient la marche entre les deux établissements un peu longue, surtout le dernier « à cause de mes petites jambes » qu’il criait, mais on savait qu’il pestait contre notre décision de quitter la serveuse qui lui rappelait un moment heureux de sa jeunesse nu dans un lac des Laurentides. Je te raconterai peut-être ça un jour si j’ai rien de mieux à écrire ami-lecteur, alors n’insiste pas trop stp.

À la Station Ho.st, nous avons été reçus par une hôtesse qui a dû demander à un drôle de type si nous pouvions nous asseoir à la table décorée par une petite affiche réservée. Cinq assoiffés affamés, ça devait être assez payant pour la place. Surtout quand le sixième luron s’est pointé. Comme Dubby avait soif et faim, dans l’ordre ou le désordre, j’ai cru bon commander pour lui la même chose que pour moi: un Captain Swing et un burger en accompagnement. Comme c’était crissement bon, il a approuvé mon initiative. C’était pas naturel de sa part, parce que c’est un boss, mais la satisfaction a eu raison de sa réserve. Yvon racontait des jokes de mononcle à la serveuse qui devait se demander si le gars suivait un peu l’actualité ces temps-ci. Dire que Mafalda l’avait un peu remis à sa place un peu plus tôt dans la journée…

Pendant qu’on dégustait notre dessert liquide, c’est-à-dire l’excellent Kamarad, la discussion a pris une drôle de tournure. Dubby cherchait un peu à défendre Salvail, un peu j’ai dit. Mais le peu était déjà trop. Tout le monde se liguait contre lui, même les gens étranges derrière lui. Pour détendre l’atmosphère, Yvon a lâché quelques jokes à propos des champignons bien gorgés de Rio; il était définitivement temps qu’on sacre notre camp de là. D’ailleurs, les additions sont apparues avant même qu’on les demande!

MA Rush et Yvon (aka Karisma) nous ont abandonnés, préférant siroter en tête-à-tête un café dans le quartier, alors que nous nous dirigions vers le Lion d’Or, là où l’un de nos bands préférés présentait son nouvel opus au public montréalais.

Dès que je suis entré à l’intérieur du cabaret, j’ai su que la soirée serait spéciale. J’ai d’abord été frappé par la beauté de la place, de la crowd et de la personne qui m’a remis mon t-shirt édition spéciale pour les contributeurs Kickstarter. Puis par la puissance du message sur mon gaminet: Je suis le déluge. Quelle reconnaissance du band à l’endroit de ses fans-contributeurs! Comment ne pas être ému devant un tel statement? De la classe, de la grande classe. Un merci réciproque; y a-t-il quelque chose de plus beau à ce moment précis de l’existence du band?

Et c’est là que le premier set a été lancé. Pendant que Latraverse et Philozique buvaient leur bière générique en retrait, on chantait et dansait en avant sur les nouveaux airs de l’album La Nuit Juste après le déluge… On avait des yeux tout le tour de la tête contrairement aux cyclopes dessinés sur nos bouteilles, question de voir la foule tripper en même temps que nous. Même Éric Goulet se lâchait lousse… un peu! Des vieux fans, des nouvelles oreilles, des bras dans les airs, des sourires à la pelle… le test de la « première » n’aura été qu’une formalité. « Ça sonnait en ta », racontait Rio après chaque morceau, en pointant un Hugo dégoulinant à souhait. « L’ajout de la deuxième guitare apporte une profondeur hallucinante » analysait justement Dubby même s’il est un boss. « Pis les deux frères semblent être sur la même longueur d’onde ce soir », nous a fait remarquer Spitty en se replaçant le paquet entre deux tounes.

Au second set, c’était l’heure du déluge. Un déluge de joie et de boisson. Le plancher devenu glissant n’empêchait en rien le défoulement collectif. Ça brassait dans les tranchées. Tel un pogo épileptique, Rio visitait tous les racoins d’un ring imaginaire au gré des poussées. La musique du groupe et les paroles d’Alex envoûtaient les spectateurs. C’était la fête au Lion d’Or. WD-40 avait dompté la bête. Pas juste la place, surtout celle à l’intérieur d’eux-mêmes. Cette bête qui les avait tenus à l’écart très longtemps, trop longtemps.

Je te conterai la fin de ma soirée une autre fois, je veux juste pas gâcher la fin de ma chronique. Les vedettes de l’instant, c’est pas mon frère, mes chums ou moi. Non, les gars qui méritent le spotlight pour cette belle soirée du 20 octobre 2017, ce sont les membres de WD-40. Je m’en souviendrai bien longtemps…

TeamMontrealMetal

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Hugo lachance dit :

    Comme ça tu trouves mon amoureuse jolie? Haha!

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    1. Roos Spekto dit :

      Les drummers pognent toujours les plus belles…

      J'aime

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